L’effet Streisand ou la publicité involontaire….

L’effet Streisand ou la publicité involontaire….

Très peu connu du grand public, ce terme existe depuis 2005 et désigne l’effet boomerang subi lors de tentative de censure ou de camouflage d’un contenu que l’on souhaite cacher… En effet, ce phénomène génère presque systématiquement une publicité négative pour la marque ou la personne qui souhaite l’arrêter ainsi !

Barbra Streisand, pionnière de l’effet Streisand

Comme son nom l’indique, la chanteuse et actrice a connu ce « badbuzz » en 2003. En effet, après avoir aperçu une photo aérienne de sa maison sur internet, elle intente un procès au photographe et lui réclame alors 50 millions de dollars.

Il faut préciser que cette photographie fait, en réalité, partie d’une série de clichés liée à un projet scientifique sur l’érosion de la côté californienne.  Alors jusque-là limité à une audience confidentielle, le site enregistre dès l’annonce  du procès des centaines de milliers de vue, selon « The Mercury News ». Sa demande et l’écho créé ont finalement provoqué une diffusion beaucoup plus importante de la photo.

L’effet Streisand est né : attirer la curiosité et susciter la médiatisation d’une information en essayant de l’interdire. On peut noter que ce phénomène donne une ampleur plus importante à l’information que l’on souhaite limiter, initialement l’audience, mais qu’en plus il renvoi souvent une image négative de l’entreprise ou personnalité mise en cause qui est perçue comme voulant réduire au silence un média ou individu en abusant de sa notoriété ou sa puissance.

Plusieurs marques et célébrités connaissent encore aujourd’hui  cet incident. Cela peut s’expliquer par plusieurs facteurs :

  • Une action judiciaire ou une demande publique aura toujours une répercussion dans les médias traditionnels et sur Internet.
  • L’élément incriminé (photo, vidéos,…) sera repris très rapidement sur Internet via des sites média, blog, réseaux sociaux,…

Comment éviter cette perversion ?

Il est très important de bien connaître l’effet Streisand si vous voulez éviter le bad buzz, et ce quelque soit votre domaine d’activité. Il ne faut donc jamais cacher la vérité ni les rumeurs. Mais au contraire, communiquer ouvertement dessus. C’est ainsi la meilleure manière d’éviter à la phase chronique d’une crise un effet Streisand, et de passer au mieux à la phase de cicatrisation.

Cas concret : L’AFP & l’effet Streisand

Lors d’un déplacement officiel de François Hollande, durant son mandat, dans une école, le photojournaliste Denis Charlet, accrédité par l’Elysée selon le système de « pool » – groupement des agences –, réalise un cliché particulièrement peu flatteur du président.

Quelques heures après, la photo qui avait été postée sur la banque de données de l’AFP et de Reuters, a été rapidement retirée. Pour être sure que la photo disparaisse, les deux agences ont demandé aux médias de ne pas l’utiliser ou de la remplacer. Une suppression qui a alimenté la méfiance, certains y voyant la marque d’une pression de l’Elysée.

L’AFP a rapidement regretté cette décision : « nous aurions mieux fait de ne pas tuer cette photo face au buzz déclenché. C’est un peu dommage, car la suppression a provoqué une suspicion sur l’agence, alors qu’il n’y a eu aucune pression », déplore Philippe Massonnet, directeur de l’information de L’AFP. « Non seulement la photo n’est pas ‘morte’ comme nous l’aurions voulu, mais elle est devenue une des images les plus échangées du jour sur les réseaux sociaux en France (accompagnée, en plus, d’une foison de commentaires peu flatteurs à notre endroit…). Le tout alors que cette image, somme toute assez banale et très loin d’être scandaleuse en soi, serait sans doute passée plutôt inaperçue (l’AFP publie en moyenne 2 500 photos par jour) si nous n’avions pas attiré l’attention sur elle en demandant à nos clients de l’éliminer. »

Aline Weber –  www.rp-infinites.fr